Pourquoi il n’est pas acceptable d’échouer

C’EST CORRECT D’ÉCHOUER.
 
Duh. Il s’agit d’un dicton, d’une maxime, d’une réalité que tout le monde reconnaît et approuve. Après tout, il est bien logique qu’au cours d’une vie, pas toutes nos entreprises ne se soldent en une réussite; la loi des probabilités dicte qu’éventuellement nous devrions rencontrer un échec. Pourtant, il s’agit d’une chose de le comprendre mentalement, mais cela en ait une autre d’en être convaincu dans son cœur…
 
Si vous êtes comme moi, à qui l’on a répété à maintes et maintes reprises qu’un déboire ou même un abandon est acceptable, vous devez en avoir ras-le-bol de l’entendre. J’appelle affectueusement ce concept une écœurantite aiguë. Après tout, vous n’êtes pas stupide, vous le savez bien qu’il est acceptable de ne pas tout réussir, c’est même normal et sain, alors pourquoi s’entêtent-ils à vous le répéter? S’il suffisait de vous le mentionner pour que l’anxiété et votre dédain de l’échec s’évanouissent, ça aurait déjà fonctionné! Votre tête est d’accord, c’est votre cœur qui est têtu.
 
J’ai eu ce même problème des années durant et, tel un cercle vicieux, je sombrais de plus en plus profondément dans la dépression et la haine de moi. Chaque fois que je ne parvenais pas à mes fins, je m’en voulais tout d’abord d’avoir échoué, puis je m’en voulais de m’en vouloir bien qu’un échec ne soit pas représentatif de ma valeur. Un jour, cette énergie négative a grandi à un tel niveau qu’avant même d’entreprendre un projet, j’étais persuadée que je n’allais pas y parvenir, que seulement une déception m’attendrait au bout de la route. Ainsi, la meilleure partie d’un projet; le début, quand on regorge normalement d’enthousiasme pour toutes les possibilités, venait de se transformer en une étape pénible à franchir.
 
Clairement, ça ne pouvait plus continuer. Cette manière de penser m’empoisonnait l’existence et j’avais perdu tout désir d’entreprendre et de commencer des aventures. À ce moment, je me suis dit : « Bon, le c’est correct d’échouer ne me mène nulle part. J’ai conscience que c’est vrai, mais je n’arrive pas à réellement m’en convaincre. Pourquoi? Et si à la place de me le répéter, j’inversais la question. Pourquoi est-ce que je ne me permets pas d’échouer? »
 
J’ai beaucoup réfléchi à cette question. Quelle réponse me permettrait de justifier toute la souffrance que je dois endurer suite à chacun de mes échecs?
 
Que vont penser les gens de moi?
Dans le pire des scénarios, ils penseront les pires choses de moi; que je suis faible, que je suis stupide, que je suis [insérer ici ce que vous redoutez]. Dans ce cas, c’est pénible bien sûr, mais ce ne sera sûrement pas aussi douloureux que d’être celle qui me jette des pierres, alors ça ne vaut pas la peine de s’en faire. Dans le meilleur des cas, ils penseront que je suis une personne déterminée, qui n’abandonne pas, se relève et entreprend un nouveau projet avec une ardeur redoublée!
 
Si j’échoue maintenant, je ne réussirai jamais.
Est-ce bien vrai? Existe-t-il réellement un cas de figure où il m’est impossible de retenter ma chance en changeant cette fois mon angle ou en me préparant davantage? Dans bien des cas, il sera toujours possible de réessayer, ça peut prendre plus de temps ou d’énergie, mais si je veux vraiment réussir, j’y mettrai l’effort, sinon tant pis, c’est que je suis passée à autre chose depuis et c’est bien normal. De plus, en essayant une deuxième fois une action, je prouve ma détermination et je suis plus détendu face à la tâche, car j’ai maintenant une idée de ce qui m’attend.
 
Mon échec aura des conséquences sur …
Si en effet mon échec a des répercussions sur autrui ou sur moi-même, je le saurai probablement dès le début de mon entreprise. À ce moment, j’aurai mobilisé les efforts adéquats pour la situation et j’aurai fait de mon mieux avec ce que j’ai. Ici, mon échec peut être dû à un concours de circonstances et il est improductif de m’en vouloir injustement. Dans ces moments, la seule option est de faire son deuil, en discuter avec les personnes affectées – eh oui, même si c’est pénible, car ce sera toujours pénible demain ou le jour d’après. Au moins, en en parlant je pourrai plus facilement passer à autre chose -.
 
En somme, il n’existe pas une raison suffisamment puissante et universelle pour s’en vouloir d’échouer!
 
Si l’anxiété ne diminue toujours pas ou revient au galop, il est pertinent de refaire l’exercice et de trouver quelle est la source de pression qui bloque notre capacité à accepter l’échec. Attention : Cette anxiété ne part pas tranquillement avec le temps à force d’arrêter d’y penser. Elle fait plutôt des apparitions de manière sournoise quand on pense enfin en être libre. Identifiez donc ces instants et prenez le temps nécessaire pour les adresser.






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